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Nord-Kivu : les habitants de Kitshanga refusent de regagner leurs maisons malgré l’appel de M23

Malgré les appels répétés des rebelles du M23 et leurs alliés, notamment celui lancé au cours d’un meeting le lundi 6 février, les habitants de la cité de Kitshanga refusent de regagner leurs domiciles. Même la promesse de leur assurer la sécurité n’arrive pas à les convaincre.

S’appuyant sur les témoignages faisant état de la maltraitance que subissent des hommes qui ont regagné la cité, ils refusent de quitter les camps.

« Nous souffrons beaucoup. Le M23 est venu nous sensibiliser pour rentrer dans nos maisons, ils vont nous sécuriser et nos biens. Mais, nous craignons beaucoup. Les rebelles de M23 sont trop malins. Ils vous promettent des choses et ne vont pas les réaliser. Ce qui nous fait peur de retourner, est que, nos pères, maris et jeunes garçons qui ont tenté de rentrer sont maltraités, on les fait transporter des bagages, on les fouette. Ça nous fait peur, nous qui sommes dans des camps. On se dit si nous y retournons, ils vont nous maltraiter aussi comme nos frères qui nous ont précédé », explique un des déplacés.

C’est plutôt au Gouvernement congolais que les habitants de Kitshanga, qui avaient fui les combats entre l’armée et les M23 appuyés par le Rwanda, demandent secours :

« Autre chose, quand c’est la nuit, ils font vraiment peur. Nous avons des témoignages de ceux qui sont dans la cité, ils arrivent et y rentrent dans des camps. Nous demandons à notre gouvernement congolais de nous aider de les faire partir d’ici. Nous souffrons aussi par manque de la nourriture ».

Pas de reprise de cours

Les cours n’ont pas repris le lundi 6 février dans la zone sous occupation du M23 et alliés rwandais, dans le territoire de Rutshuru. Ce, malgré le communiqué du M23 publié le samedi, demandant aux élèves et enseignants de reprendre le chemin de l’école le lundi 6 février 2023. Les activités scolaires dans les écoles primaires et secondaires sous occupation des rebelles du M23 et alliés sont suspendues depuis cinq mois.

Des sources locales renseignent que le lundi matin, aucun élève n’a été aperçu à l’école. Seuls quelques chefs d’établissement et quelques enseignants se sont présentés, notamment dans les écoles primaires et secondaires de Kiwanja, Nkuenda et Rutshuru Centre. Les parents qui ont boycotté cet appel du M23 disent craindre pour la sécurité de leurs enfants. Ils affirment aussi être dans l’incapacité de payer les frais scolaires.

De son côté, le président provincial de la Force syndicale nationale (FOSYNAT), Bahala Innocent Shamavu, encourage les enseignants à boycotter cet appel du M23:

« Nous, les syndicats, demandons à tous nos camarades enseignants qui se retrouvent à Rutshuru de ne pas accepter l’appel des terroristes. Parce qu’il n’y a aucun enseignant qui a été engagé par le M23. Nous disons aux terroristes de cesser avec ce qu’ils sont en train de faire et nous disons aux enseignants, nous allons les protéger toujours comme nous avons toujours fait avec vos salaires ». Depuis le mois de novembre dernier, toutes les activités scolaires ont été suspendues dans les écoles de Rutshuru. Cinq mois après, la coordination des Comités Paix et Sécurité locaux du M23, après concertation avec les chefs d’établissements scolaires, les confessions religieuses et les chefs locaux, a pris cette initiative dans le but de sauver l’année scolaire 2022-2023, indiquent les sources locales.

Radiookapi.net via okactu

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