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Muhoozi Kainerugaba après le déploiement des troupes ougandaises à Bunagana : « les M23 sont nos frères. Il n’est pas nécessaire de les combattre »

Dans le cadre du déploiement de la force régionale de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), les troupes de l’armée ougandaise [Uganda People’s Defence Force, UPDF] sont arrivées à Bunagana, une cité frontalière avec l’Ouganda sous occupation des terroristes du M23 appuyés par les forces de défense Rwandaise (RDF) depuis le mois de juin. Ce déploiement fait suite au « retrait » annoncé de ces terroristes conformément aux différents accords de Nairobi, Luanda, Bujumbura et Addis-Abeba.

A leur arrivée, les militaires ougandais se sont affichés souriants aux côtés des terroristes du M23 qu’ils sont censés combattre conformément au « mandat offensif » confié à la force régionale, selon le gouvernement de la République démocratique du Congo. Si les différentes images partagées par l’armée ougandaise ont enflammé la toile, c’est pourtant une position d’un haut responsable de l’armée ougandaise qui a suscité l’indignation dans l’opinion congolaise.

En effet et comme dans ses habitudes, le général Muhoozi Kainerugaba, fils biologique du président ougandais, Yoweri Museveni a déclaré sur son compte Twitter « qu’il n’est pas nécessaire de combattre les M23 », pourtant auteurs de plusieurs exactions contre les populations civiles dans les zones sous leur occupation.

« Belle image! Les M23 sont nos frères. Il n’est pas nécessaire de les combattre. Nous pouvons discuter et résoudre tous les problèmes », a déclaré le général Muhoozi Kainerugaba.

Peu avant cette prise de position, le fils biologique du Président Yoweri Museveni a réaffirmé le rapprochement entre l’armée ougandaise et l’armée rwandaise ( RDF), bras séculier de mouvement terroriste du M23, d’après plusieurs rapports dont celui des experts des Nations Unies.

Muhoozi Kainerugaba en question

Actuellement conseiller présidentiel, le général de 48 ans est connu pour avoir tiré des tweets controversés qui lui ont valu des réprimandes de la part de son père.

Fort de la récente réouverture du poste frontalier entre le Rwanda et l’Ouganda, Muhoozi Kainerugaba a annoncé, mardi 8 mars 2022, sa retraite de l’UDPF, l’armée ougandaise dont il commandait notamment les forces terrestres. Une semaine plus tard, le 14 mars 2022, l’aîné des enfants Museveni retournait à Kigali (visite privée) où il a été accueilli à l’aéroport local par deux fonctionnaires du gouvernement rwandais, le général Willy Rwagasana (Garde Républicaine) et le colonel Ronald Rwivanga, porte-parole des RDF.

Il s’était entretenu avec Paul Kagame des relations entre leurs deux pays, ont rapporté des médias, sans plus. Mais des observateurs notent que quelques jours après la réouverture du poste frontalier de Gatuna-Katuna, Kampala avait réaménagé ses services de renseignements militaires, limogeant le général de division Abel Kandiho, Chieftaincy of military intelligence (CMI), que Kigali accusait d’avoir torturé des Rwandais.

Les tweets du fils de Museveni qui fâchent en RDC

Depuis la montée en flèche de la crise dans l’Est de la RDC, notamment entre Kigali et Kinshasa, le commandant en chef de l’armée de terre ougandaise, le général Muhoozi Kainerugaba, qui, apprend-t-on, apparaît pourtant rarement en public, n’hésite pas de partager ses opinions sur Twitter, et cela, sur différents sujets sécuritaires saillants qui fâchent les esprits.

Tout d’abord, le 28 mai 2022, le fils du dirigeant vieillissant de l’Ouganda, Yoweri Museveni, avait annoncé sur son compte Twitter, une opération conjointe avec le Rwanda en RDC dans les jours qui suivent, et ce, contre les Interahamwes qu’eux considèrent comme des miliciens rwandais, installés dans l’Est de la République démocratique du Congo depuis de nombreuses années.

« Tous les interahamwe doivent se rendre et se présenter immédiatement à l’unité UPDF ou RDF la plus proche. Nous allons gagner cette dernière opération. Nous avons décidé de l’appeler « Opération Rudahigwa », a-t-il déclaré, avant d’insister, dans un autre tweet accompagné de deux photos de lui avec le président Rwandais qu’il avait considéré désormais comme son oncle : « Je suis vraiment désolé pour tous ceux qui pensent qu’ils peuvent me vaincre militairement, moi et mon oncle. Ce sera un désastre pour eux. C’est la dernière fois que j’en reparlerai. Laissez-les venir, nous sommes plus que prêts ».

« Au cours des 22 dernières années, j’ai été à l’avant-garde de toutes les guerres dans lesquelles l’UPDF a été impliquée. Et nous avons gagné toutes ces guerres. Maintenant que l’UPDF et le RDF se sont réunis, je plains quiconque se dresse sur notre chemin. C’est la force la plus puissante d’Afrique », avait-il ajouté.

Cette série de tweets qui intervenait juste après quelques mesures annoncées par le gouvernement Congolais, annonçant la suspension des vols de la compagnie aérienne RwandAir sur l’espace congolais et une mise en garde contre le gouvernement rwandais, laisse transparaître un rôle actif joué par Kambala dans la chute de Bunagana.
Dans plusieurs couloirs, ce n’est plus qu’un secret de polichinelle.

« Bunagana a été prise par l’armée rwandaise au nom de M23. C’est le résultat de l’appel du Général Muhoozi, fils de Museveni. « Tel père tel fils » défenseur de l’empire « hamitique » dont rêve son oncle Paul Kagame. L’unité du peuple congolais vaincra ces valets de l’impérialisme nouveau », a reconnu, sur Twitter, un ancien premier ministre et proche du régime de Kagame.

« M23 et RDF ont été rejoints sur terrain par les forces spéciales ougandaises », avait révélé une source sécuritaire. « Les Ougandais nous ont poignardé sur le dos », dénonçait la même source.

Le 21 juin 2022, Christophe Mboso, le président de l’Assemblée nationale congolaise, avait dénoncé l’occupation « illégale » de Bunagana avec la « complicité de l’Ouganda » lors d’un colloque entre les présidents des assemblées d’Afrique australe. Le deuxième personnage de l’Etat avait déjà annoncé en plénière, le 14 juin, la suspension du processus de ratification des accords conclus avec l’Ouganda, sans préciser lesquels étaient concernés.

Les deux pays étaient pourtant en phase de rapprochement depuis plusieurs mois. Le 31 mai 2021, le président congolais, Félix Tshisekedi, avait signé avec son homologue ougandais, Yoweri Museveni, un partenariat pour rénover 223 kilomètres de routes commerciales dans l’est de la RDC, notamment l’axe Bunagana-Goma, l’une des plus grandes villes du pays. Le 30 novembre suivant, les FARDC et l’UPDF avaient lancé « Shujaa », une opération militaire conjointe (toujours en cours) pour lutter contre les Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé d’origine ougandaise affilié à l’organisation Etat islamique (EI) et qui multiplie les exactions dans l’est de la RDC.

« Les soupçons sur l’Ouganda remontent à quelques semaines. Tout est parti de l’activisme sur Twitter du fils du président ougandais, Muhoozi Kainerugaba, influent parce qu’il est le commandant en chef de l’armée de terre. Il y affichait son soutien au président rwandais, Paul Kagame, expliquait un parlementaire élu dans l’est de la RDC. « Ce ne serait pas la première fois que nos voisins cherchent à élargir leur influence au Congo », dixit ce parlementaire.

Politico.cd via Okactu.com

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